Economie et Solidarité

Economie et Solidarité

Les cahiers d´Evry – Centre Pierre Naville Face au chômage et à l´exclusion, une multitude d’expériences rassemblées sous l’appellation ‘d’économie solidaire’ apparaissent depuis deux décennies un peu partout dans le monde: commerce équitable avec les pays du Sud de la planète, systèmes d’échanges locaux, initiatives locales créatrices d’emplois, financements solidaires de projets… Parviennent-elles à mettre en place au niveau local des alternatives à l’économie de marché ? Quelles sont leurs réussites et leurs limites ? Peuvent-elles se développer et devenir une véritable force de proposition ? Pour ce document, prendre directement contact avec le Centre Pierre Naville, Université d’Evry –

Bienvenue dans l´atelier de réflexion pour l’écriture d’une économie qui ait du sens ! Nous voulons rendre visibles et accessibles les pratiques, contributions spécifiques et réflexions d’acteurs qui, dans la lignée des “utopistes de 1848”, tentent d’inventer les nouveaux équilibres de nos territoires et de nos espaces de vie….

Nous avons ainsi la volonté de soutenir l’émergence d’une nouvelle culture économique et sociale qui n’a rien à voir avec l’économie libérale et avons assuré, pour celà, depuis mai 1999, des présences avec des tables documentaires-librairies dans des colloques, forums et consultations…

C’est à la demande d’acteurs rencontrés sur les territoires que nous mettons en place aujourd’hui, avec un gros travail et quelques bouts de ficelle, cette maquette d’un site marchand à vocation éducative… Si de bonnes volontés veulent nous apporter leur soutien technique et plein d’autres choses ….nous les accueillerons avec plaisir.

Vous pouvez participer à ce projet sous toutes formes et notamment en nous passant commande de livres… même s’il ne figurent pas dans notre sélection et/ou n’ont aucun rapport avec le sujet ici traîté. Nous pouvons maintenant aussi vous accueillir en nos locaux parisiens ou nous créons la librairie éducative francilienne de l’économie sociale et solidaire…

Merci de votre compréhension et à bientô500 ans de capitalisme Gérard Vindt – Editions Alternatives Economiques – Mille et une nuits Les grandes découvertes, les premiers empires commerciaux, la révolution industrielle, la colonisation, les crises économiques et les guerres, l’internationalisation des firmes et de la finance… Autant d’étapes qui ont marqué la croissance et l’essor du capitalisme dans le monde au cours des cinq derniers siècles, bouleversé les sociétés et débouché sur la mondialisation actuelle.

L´économie solidaire, une perspective internationale Sous la direction de Jean-Louis Laville – Postface de Guy Hascoêt En Europe, des centaines de milliers de salariés et de bénévoles sont impliqués dans des services solidaires. En Amérique, le développement local bénéficie d’une dynamique à bien des égards comparable : aux Etats-Unis, plus de deux mille corporations de développement communautaire s’attaquent à la revitalisation des quartiers ; au Québec, on compte plus de quatre mille groupes populaires et communautaires ; quant au Chili, l’économie populaire y fait vivre la moitié de la population dans une ville comme Santiago. L’économie solidaire, une perspective internationale présente ces réalités diversifiées et méconnues. Leur description amène à critiquer l’analyse de ces pratiques en termes de secteur informel ou d’économie domestique et à proposer une autre approche, qui parte de la reconstruction des rapports entre l’économie et la solidarité dans la modernité. Vues sous cet angle, les pratiques décrites témoignent d’une recomposition des rapports entre économique et social, recomposition nécessaire, vitale, compte tenu de la crise de la société salariale. Ce qui est en question, c’est la recherche de nouveaux rapports entre travail, activité et loisirs ; entre différents types de ressources et de revenus ; entre l’État, l’entreprise et l’association ; entre les systèmes et les “mondes vécus “.

“Jean-Louis Laville recense et étudie, avec d’autres, toutes les expériences qui en marge de l’économie marchande traditionnelle contribuent au développement de nouveaux emplois. C’est cette économie solidaire qui peut contribuer à remailler le tissu social. ” (Libération)

La Cecilia – Histoire d´une communauté anarchiste

La Cecilia

Suivant la vague d’émigration italienne vers le Brésil, Giovanni Rossi, vétérinaire pisan, anarchiste de coeur et défenseur du socialisme expérimental, part en 1890, en compagnie de quelques camarades, pour fonder une communauté basée sur les principes anarchistes, un projet qu’il avait vainement tenté de réaliser en Italie. Après maintes péripéties, alternant des périodes d’enthousiasme et de total découragement, la Cecilia est dissoute en 1894. Voyage, amour, exotisme, grands idéaux mais aussi grandes déceptions, tout concourt à donner un caractère exaltant à cette expérience de vie communautaire à laquelle ont déjà été consacrés un roman, une chanson, un film, une pièce de théâtre.

Cette étude, basée sur du matériel d’archives et des journaux d’époque, retrace toute l’histoire de la colonie, depuis la naissance du projet dans les rêves du tout jeune Rossi jusqu’aux traces laissées dans l’imaginaire de ceux qui se sont intéressés, de près ou de loin, à la Cecilia.

Isabelle Felici est maître de conférences à l’Université de Toulon et du Var. En 1994, elle a soutenu à l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III une thèse de doctorat sur les journaux anarchistes publiés en italien au Brésil au tournant du xxe siècle. Ses recherches portent sur l’émigration italienne et ses manifestations culturelles. La grande transformation Karl Polanyi

Karl Polanyi est né la même année que Keynes (1886), à Budapest, en Hongrie. Un ami de sa mère, Samuel Klatchko (très proche de Léon Trotski), tenait une librairie à Vienne et représentait officieusement les organisations illégales qui luttaient contre la Russie tsariste. Entre Vienne et Budapest (les deux grandes villes de l’Empire austro-hongrois), les communications étaient faciles : aussi, chez les Polanyi, on recevait fréquemment des révolutionnaires envoyés par Klatchko. Elevé dans ce milieu militant, il n’est pas étonnant que Polanyi se soit senti la fibre socialiste, mais d’un socialisme humaniste, non marxiste (il reprochait beaucoup à Marx son déterminisme économique). Etudiant à Budapest, il est l’un des animateurs du Cercle Galilée, une association progressiste qui s’efforce de promouvoir une sorte de révolution culturelle à travers l’alphabétisation des classes populaires. Cela lui vaut d’être renvoyé de l’université de Pest en 1909.

Officier de cavalerie durant la Première Guerre mondiale, il est choqué par la bestialité et l’horreur de ce premier conflit de masse. Il écrit que c’est cette prise de conscience qui le poussa à tenter de comprendre les origines profondes de ce cataclysme. Après la guerre, il prend part à la révolution hongroise de 1919, qui échoua assez vite : aussi, il émigre à Vienne, où il devient journaliste économiste. il y rencontre une jeune révolutionnaire d’origine polonaise, Ilona Duczynska, qu’il épouse. A Vienne, patrie de toute une brillante cohorte d’économistes – Menger, Böhm-Bawerk, Von Wieser, Von Mises, Von Hayek, Schumpeter… -, il organise un séminaire de réflexion sur l’économie socialiste, qui l’amène à polémiquer avec Von Mises. Ce dernier estimait que l’économie socialiste, faute d’informations transmises par un marché libre, n’était pas viable.
Pour Polanyi, au contraire, si l’on s’appuie sur des associations coopératives de producteurs et de consommateurs, c’est jouable, puisque cela permet de tempérer les critères d’efficacité économique par des choix sociaux librement déterminés par les associations. Von Mises dut reconnaître que cette espèce de marchandage socio-économique décentralisé pouvait fonctionner, contrairement à la planification centralisée. Comme beaucoup d’intellectuels progressistes, Polanyi émigre d’abord au Royaume-Uni, puis aux Etats-Unis dans les années 30, comme universitaire.

En 1944, paraît « La grande transformation », son maître livre (traduit chez Gallimard). En 1956, il soutient la tentative de révolution hongroise, qui s’efforça en vain de soulever la chape de plomb soviétique.

En 1960, avec Joan Robinson, Oskar Lange, Ragnar Frisch, Gunnar Myrdal, Jan Tinbergen (ces trois derniers devant recevoir ultérieurement le Nobel de sciences économiques), il fonde une revue de socio-économie à orientation socialiste, « Coexistence », qui n’a qu’une existence éphémère. En 1961, puis en 1963, il retourne à Budapest pour y donner des conférences. Ce fut, nous dit sa fille, l’un de ses derniers bonheurs : il meurt en 1964 au Canada. Il existe un institut d’économie politique Karl Polanyi à Montréal (université Concordia) animé par Marguerite Mendell.

En français sont parus les textes suivants : « La grande transformation », éd. Gallimard (1983). « Les systèmes économiques dans l’histoire et la théorie », éd. Larousse (1975). « La fallace de l’économique », Bulletin du Mauss No 18 (juin 1986), extrait de « The livehood of Man ». « La comptabilité socialiste », Cahier monnaie et financement, université Lyon II, 1994.

Il convient enfin de signaler « La modernité de Karl Polanyi », un ouvrage essentiel élaboré autour des analyses de Polanyi, récemment paru aux éditions L’Harmattan (1998), avec notamment des contributions de Jean-Michel Servet, Alain Caillé, Serge Latouche, Yves Crozet et Guy Roustang.

Note de présentation de la revue Alternatives Economiques
Les associations et la loi 1901, cent ans après
Née d’un artifice juridique, qui l’assimile à un contrat, l’association semble riche de paradoxes : jouissant d’une liberté entière quant aux conditions dans lesquelles elle se forme et acquiert la personnalité morale, elle ne possède néanmoins qu’une capacité civile réduite ; institution privée, elle est largement présente dans la sphère administrative ; en dépit de son but désintéressé, elle s’est également étendue dans le domaine marchand ; outil de la liberté d’expression, elle peut, dans son fonctionnement interne, n’être soumise à aucune règle démocratique ; jalouse de son indépendance, elle développe néanmoins, à toutes les époques, une relation complexe avec l’autorité, qui lui confère reconnaissance et privilèges fiscaux, quand elle ne lui délègue pas une partie de l’action publique. Conseil d’Etat – 03/2000 La modernité de Karl Polanyi sous la dir. de Jean-Michel Servet, Jérôme Maucourant et André Tiran,

Karl Polanyi, on le sait (voir Alternatives Economiques No 159, mai 1998), ne se montre pas critique à l’égard du marché, mais à l’égard du fait que, depuis un siècle, le marché tend à envahir toute la vie sociale et à chasser deux autres formes de relations sociales, la redistribution et la réciprocité, pourtant nécessaires à toute société digne de ce nom. Au fil des contributions, on découvre donc un socialiste démocrate, voyant dans l’éducation plus que dans la révolution la clé du changement et analysant le caractère exceptionnel du capitalisme au regard des sociétés organisées selon d’autres principes.
Au-delà de cette partie biographique et ethnologique, on lira avec intérêt les interventions expliquant l’actualité de Karl Polanyi.

Mais c’est surtout la partie monétaire qui ouvre des horizons novateurs : Jean-Michel Servet nous explique comment Polanyi récuse la fable du troc comme début des échanges. Pour les économistes, l’échange est une fin en soi. Pour Polanyi, il n’est qu’un des moyens – et pas le plus important – pour cimenter une société. Décapant, mais pas toujours facile à lire. Note de lecture réalisée par Denis Clerc pour la revue Alternatives Economiques