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ACTUALITÉ • LES
BRÈVES D'EUROMINORITY
Mélenchon, le Tibet et les minorités
[11/04/2008]
Le pire opposant aux causes minoritaires ne pouvait pas en rester à essayer de discréditer les minorités en France ! En effet depuis plusieurs années M. Mélenchon s'en prend aux Bretons, Basques ou Corses en s'improvisant bien maladroitement spécialiste des langues régionales. En grand défenseur de l’indivisibilité de la République, il ne pourrait, selon lui, y avoir officiellement de place pour d’autres langues en France ? Le "très à gauche sénateur francilien" s'en prend désormais aux Tibétains, en situation minoritaire eux aussi. Il en deviendrait presque compatissant du régime chinois entaché par les événements aux Tibet et cela au point d'amenuiser l'impact de la politique répressive en Chine, tout en s'improvisant historien. M. Mélenchon délare en effet dans son blog que "Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle [...] Parler "d’invasion" en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant." Évoquant un Tibet au passé tyrannique, coupable des pires exactions envers son peuple, il justifierait presque la répression des émeutes qu'il y a eu récemment au Tibet, en estimant que n'importe quel pays aurait le même type d'attitude "répressive". Au prix de plusieurs morts, peut-on se demander ? Décidément, ce sénateur nous étonnera toujours autant. Alors qu'on assiste à un ethnocide organisé par les autorités chinoise au Tibet, les nostalgiques de la "révolution communiste" n'arrivent pas à prendre un minimum de recul. Des Tibétains meurent, leur culture et leur langue sont menacées. Ils demandent légitimement leur autonomie et M. Mélenchon nous sert ses dissertations à contre courant. Vive la République... populaire de Chine.
(Eurominority)
Bretagne vs pseudo-pays-de-Loire
[06/04/2008]
Un collectif pour la réunification de la Bretagne a rencontré récemment le Conseil régional des jeunes des Pays-de-Loire afin de leurs exprimer les attentes des partisans de la réunification.
Cette rencontre, bien surveillée par les élus de la région a permis de faire prendre conscience à certains membres du CRJ qu'il était temps d'organiser une consultation démocratique sur le découpage régional.
La région Pays-de-Loire englobe en effet une partie de la Bretagne (Loire-Atlantique et Nantes). La région Bretagne et le Département de Loire-Atlantique sont favorables à une union. Tandis que les élus de la région Pays-de-Loire ne souhaitent engager aucun débat.
On apprend même que son Président, Jacques Auxiette a porté plainte pour vandalisme contre les militants du collectif qui souhaitaient discuter avec les jeunes du CRJ pour avoir accroché un drapeau breton sur le mât du Conseil régional.
Vive le débat démocratique !
(Eurominority)
Ch'tis, Bretons, Basques et Corses, même combat contre la discrimination
[31/03/2008]
Une nouvelle affaire de discrimination envers un peuple d'Europe secoue aujourd'hui l'hexagone. Cette fois-ci ce ne sont pas les Bretons qui sont traités de "cons", les Corses de "racistes" ou les Basques de "terroristes", mais les Ch'tis... de "pédophiles".
Et ceci au moment du succès phénoménale rencontré par le film de Dany Boon qui met en valeur ce peuple "picard" du nord de la France. Car les Ch'tis, apprenait-on lors des analyses poussées sur ce film sont membres -au même titre que les Picards de la région Picardie- de la grande famille picarde.
On se rappelle qu'en 2006, le Collectif breton pour les Droits de l'Homme et la Démocratie portait plainte contre l'humoriste Jacky Berroyer qui dans une chanson insultait ouvertement les Bretons. Cela avait lieu sur l'antenne de RTL lors de l'émission "Les Grosses Têtes". Les paroles de cette chanson avaient aussi choquées des familles de handicapés. Morceau choisi : "Connaissez-vous bien la Bretagne, avec ses femmes en coiffe et ses hommes vêtus de pagnes, leurs enfants sont hydrocéphales, les garçons sont aussi méchants que les filles sont sales". La plainte pour racisme anti-bretons et propos incitant à la discrimination envers un groupe ethnique avait été rejetée par le parquet du tribunal de Grande Instance de Paris qui estimait que le sentiment d'être breton résulte d'une spécificité géographique et non d'une appartenance ethnique. La plainte déposée ne rentrait pas dans le cadre des lois contre la discrimination.
Pourtant hier, l'événement survenu lors du match de Coupe de la Ligue opposant le Racing Club de Lens au Paris-Saint-Germain risque de nous renvoyer au même débat.
Les supporters du PSG avaient déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis". Bien évidemment outrés par de tels propos l'ensemble des médias et des politiques ont dénoncé un acte grave de discrimination envers le "peuple du Nord". Le maire de Lens, Guy Delcourt dénonçant une "discrimination majeure" et la Ligue de football professionnel (LFP) ont annoncé qu'ils déposeront plainte.
On comprend que les gens du Nord soient désolés d'être la cible d'une "bande de racistes" ! Cette nouvelle affaire fera-t-elle jurisprudence ? Si les tribunaux estiment qu'il y a bien eu discrimination envers les Ch'tis (entendez habitants de la Région Pas-de-Calais, notion plus géographique), demain, il sera enfin impossible -sous couvert d'humour- d'insulter une personne pour son appartenance à un groupe ou une communauté.
(Eurominority)
Écosse : indépendance ou statu quo
[30/03/2008]
Le premier ministre écossais, Alex Salmond, vient de lancer la deuxième phase de la "Conversation Nationale", le processus de débat public préalable à la convocation du référendum que le dirigeant indépendantiste souhaite organiser en 2010. Salmond a ouvert la porte à une consultation lors de laquelle les options à choisir ne seront pas qu'un simple "oui" à l'indépendance, mais un choix entre trois possibilités : l'indépendance, le statu quo ou un accroissement substantiel de l'autogouvernement écossais, sans abandonner le Royaume-Uni. Ce modèle de référendum, explique le journal The Scotsman, est un système où l'électeur devra opter par préférence. C'est-à-dire que les votants seraient devront choisir les options qui leur semblent plus appropriées.
Pratiquement, ceci signifie que les possibilités de succès d'un "accroissement d'autogouvernement" sans arriver à l'indépendance est probable.
Salmond a besoin du support d'au moins 15 députés de l'opposition -travaillistes, conservateurs ou liberal-démocrates- pour pouvoir mener à bien cette consultation. Les analystes pensent que, précisément, l'inclusion d'une option intermédiaire au référendum est la forme que le premier ministre a trouvée pour s'allier quelques députés originellement hostiles au référendum. En fait, quand s'est dessinée la possibilité de convoquer un vote en 2010, les liberaux-démocrates ont dit qu'ils seraient favorables à l'inclusion d'une option intermédiaire.
"Ce Gouvernement -a déclaré Salmond- croit que l'indépendance de l'Écosse offre les meilleures perspectives pour augmenter la prospérité de la nation. Or, je reconnais qu'il y a d'autres visions dans notre pays, et je crois qu'elles doivent être débattues dans le cadre de la Conversation Nationale".
(Source : MónDivers)
Signez la pétition pour le Tibet
[21/03/2008]
"Après des décades de répression, les Tibétains réclament au monde un changement. Les leaders de la Chine sont en ce moment même en train de faire un choix crucial entre l'escalade de la brutalité ou le dialogue, ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine.
Nous pouvons avoir un impact sur ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale. Mais il faudra une avalanche de pouvoir populaire mondial pour obtenir l'attention du gouvernement. Le leader spirituel des Tibétains, le Dalai Lama, a appelé à la mesure et au dialogue: il a besoin que les peuples du monde le soutiennent. Signer la pétition. Et faites passez le message.
Voici le texte de la pétition : "Pétition au Président Hu Jintao : En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l'Homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en considération les préoccupations de tous les Tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect."
(Cliquez ici pour signer)
Le MRG International lance un nouveau portail des minorités
[19/03/2008]
Le MRG (Minority Rights Group) vient de lancer un nouveau portail sur les minorités et peuples indigènes dans le monde.
Il s'agit du portail le plus complet sur la question. Plus de 1 700 peuples y sont référencés. Qu'il s'agisse des Bretons, des Basques, des Gallois ou des Frisons mais aussi de peuples moins connus en Europe ou dans d'autres parties du monde, ce nouveau portail est une invitation au voyage.
Le "World Directory of Minorities and Indigenous Peoples" est un site intégralement en anglais, compréhensible par le plus grand nombre.
Une situation par État -sans complaisance- permet d'évaluer les politiques de protection des minorités développées dans le monde.
(Voir le site)
Rapport de l'ONU : Les communautés minoritaires en France sont victimes d’une véritable discrimination raciale
[19/03/2008]
Madame Gay McDougall, Experte indépendante de l' ONU, a enquêté pendant 10 jours en septembre 2007 sur la situation des minorités en France.
Des délégations bretonnes, basques, occitanes et d'autres types de minorités (confessionnelles entre autre...) ont convaincu Mme Gay McDougall que l'ostracisme qu'il existe sur la question des minorités en France est bien un problème lié aux Droits de l'Homme.
Avant de rendre son rapport définitif elle estimait, suite à ses différentes rencontres avec des membres des différentes communautés minoritaires qu'un "racisme 'pernicieux' perdure en France".
Ses premières conclusions ont ébranlé les a priori bien-pensants. Le modèle universaliste français ne paraît pas être la meilleure parade à la discrimination. "L'égalité" dans son principe d'unité et d'indivisibilité s'oppose systématiquement à la pluralité et la diversité engendrant une discrimination de fait.
Madame Gay McDougall conclut son rapport par un constat sévère :
- "Malgré l’existence d’une importante législation antidiscrimination, les membres des communautés minoritaires en France sont victimes d’une véritable discrimination raciale, ancrée dans les mentalités et les institutions. Le refus politique de reconnaître ce problème a entravé l’adoption de mesures propres à garantir l’application des dispositions législatives pertinentes et à corriger les inégalités complexes qui se sont installées."
Et de conclure en proposant une série de mesures que les communautés issues de minorités attendent depuis longtemps :
"Le Gouvernement français devrait : 1) reconnaître l’existence de minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques sur le territoire français et retirer sa réserve à l’article 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant les droits des personnes appartenant à des minorités, et à l’article 30 de la Convention relative aux droits de l’enfant ; 2) ratifier les instruments européens relatifs aux droits de l’homme concernant les droits des minorités, notamment le Protocole no 12 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et la Convention-cadre du Conseil de l’Europe pour la protection des minorités nationales."
(Source : ONU)
Appel urgent du gouvernement tibétain en exil
[17/03/2008]
Depuis le 10 mars 2008, plusieurs manifestations ont lieu successivement dans différentes régions du Tibet (aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la Région autonome du Tibet), et ont été brutalement réprimandées. La situation actuelle du Tibet est très grave. Le gouvernement chinois a lancé un ultimatum qui expire ce soir à minuit. Nous sommes donc extrêmement préoccupés car il est à craindre qu'il y aura des massacres en grand nombre de Tibétains après l'expiration de cet ultimatum.
L'administration centrale tibétaine lance un appel urgent à la communauté internationale dont les Nations-unies, les gouvernements, les Parlements, les associations de défense des droits de l'Homme et les groupes de soutien au Tibet afin de demander les dirigeants chinois pour que cesse immédiatement la répression d'une part, et que soient libérés tous les Tibétains détenus d'autre part, mais également afin d'offrir des soins médicaux aux blessés.
Nous lançons un appel tout particulièrement au Conseil des Droits de l'Homme des Nations-unis afin de dépêcher dans les plus brefs délais une délégation d'enquête dans toutes les régions concernées du Tibet pour empêcher la dégradation éventuelle de cette situation déjà très critique.
Professeur Samdhong Rinpoché KASHAG, Cabinet de l'administration centrale tibétaine, Dharamsa, Inde
(Source : Tibet.net)
Tibet : le vrai visage de l'oppression chinoise
[15/03/2008]
Le Tibet a été envahi par la Chine en 1950, ce qui a amené les Tibétais à se soulever en 1959 et conduit le Dalaï-Lama, leader spirituel de cette Nation à l'exil en Inde.
Ce sont des faits qu'on oublie souvent de restituer pour décrire la situation gravissime d'oppression que subit l'actuelle minorité tibétaine dans son propre pays. Car aujourd'hui, la colonisation chinoise y est forte, le pouvoir est détenu par les autorités chinoises qui asphyxient jour après jour le Tibet en mettant en place un système d'assimilation forcée.
Même si cette situation n'est pas exactement la même qu'au Kurdistan oppressé par les autorités turques ou dans de nombreuses minorités nationales vivant en Europe, elle est révélatrice de l'état du monde.
L'oppression des minorités est un fait marquant de notre siècle. L'assimilation forcée des populations est devenue une pratique courante, par la mise en place de mesures draconiennes afin de permettre la prédominance de la majorité. La Chine utilise le terme l'éducation patriotique pour assimiler les populations tibétaines, surtout lorsqu'ils sont jeunes.
Les récentes émeutes au Tibet sont le résultat de cette oppression.
En effet, des moines bouddhistes se sont rendus à Lhassa afin de manifester pacifiquement pour commémorer le 49e anniversaire de la fuite du Dalaï-Lama. Mais excédés par le système d'oppression permanente, certains manifestants ont crié leur colère, embrasant la ville. Les policiers et l'armée se sont mobilisés et ont tiré à balles réelles. On compte, selon, le gouvernement tibétain en exil plus de trente morts.
Ces manifestations et cette répression arrivent seulement quelques jours après que les USA aient retiré la Chine de leur "liste noire" des pires dictatures de la planète. Amnesty International a estimé qu'il s'agissait d'une décision ahurissante.
Les jeux olympiques qui doivent avoir lieu en Chine permettent aussi de mieux voir le visage de la Chine. L'Union européenne et les USA demandent timidement de la retenue alors qu'un peuple est actuellement en train d'être anéanti. Les occidentaux qui tissent de plus en plus de liens avec les dictatures du monde auront-ils le courage d'intervenir en faveur des Tibétains ? Quand on voit la compétition qu'il existe pour conquérir de nouveaux marchés quitte à faire abstraction des droits humains, on peut se poser des questions. Après les liens nouées par la France avec l'État libyen, considéré il y a peu comme un État terroriste, aura-t-on le courage de s'adresser à la Chine en lui ordonnant de respecter ses minortés ?
(Eurominority)
Bilinguisme vs unilinguisme, l'intolérance l'emporte !
[13/03/2008]
Les Alsaciens et les Mosellans sont très attachés au bilinguisme. Depuis le rattachement des deux entités germanophones, des droits spécifiques ont pu être conservé pour protéger les populations et conserver des droits acquis depuis très longtemps. Ceci explique les mesures en terme de fiscalité, de chasse, de religion qui s'appliquent en Alsace et en Moselle. Pourtant ces droits sont grignotés au fur et à mesure par des décisions arbitraires ne tenant ni compte de l'histoire pas plus que de l'avis des populations locales. En effet, depuis 1919, les professions de foi pouvaient être rédigées en français et en allemand jusqu'à une date très récente mais le Conseil d'État en a décidé autrement. Il a statué en affirmant que "les documents supplémentaires en allemand, distribués et remboursés, sont illégaux". Ceci quelques mois après une première tentative avortée du Ministère de l'Intérieur d'empêcher l'affichage bilingue. Les associations culturelles et les élus des Conseils généraux et du Conseil régional étaient montés au créneau en déposant un recours devant le Conseil d'État qui persiste dans son attitude intransigeante et en profite pour déclarer illégal la pratique du bilinguisme.
Comment accepter une telle décision ? La France s'enlise dans une forme de nationalisme pervers où l'exception culturelle l'emporte sur la promotion de la diversité culturelle et linguistique.
Qu'attend-on ? Que tous les locuteurs de langues régionales meurent pour bouger le petit doigt ?
La France est un des derniers pays de l'Union européenne à refuser de ratifier la "Charte pour les langues régionales et minoritaires". Le gouvernement promet une loi cadre qui ne vient pas. Les rectorats empêchent l'ouverture de classes. Les parents d'élèves doivent suivre le parcours du combattant pour scolariser leurs enfants dans des écoles bilingues en breton, allemand, basque, catalan, occitan... Et les lois nous interdisent maintenant l'utilisation de nos langues !
Ce système de la lenteur est écoeurant. Attendre pour mieux faire "crever" les langues régionales...
Les associations culturelles et de nombreux élus souhaitent pourtant : - que la France ratifie les traités internationaux et européens octroyant des droits aux locuteurs de langues régionales, - que la France mette des moyens suffisant pour assurer la survie de ces langues, en permettant tout d'abord aux élèves de pouvoir suivre décemment des cours bilingues, - que la France montre l'exemple de la diversité culturelle, - que la France permettent aux collectivités locales de se prendre en main pour gérer les questions locales et particulièrement l'enseignement bilingue en en ayant les moyens financiers, - et ainsi que le point qui bloque, c'est à dire l'article 2 de la Constitution (prétexte pour empêcher toutes avancées en matière de bilinguisme) soit révisé et stipule que "le français est la langue de la République"... en ajoutant "dans le respect des langues régionales".
Est-ce trop demander que notre État centralisé à outrance, dirigé par une "minorité" ne permette pas à ces concitoyens de s'exprimer sans entrave (et non "illégalement" comme le stipule la récente décision du Conseil d'État) en langue régionale ?
(Eurominority, source : Comité Fédéral des Associations pour la langue et la Culture Régionales d'Alsace)
Un des leaders des Hongrois de Transylvanie considère le Kosovo comme un modèle
[11/03/2008]
L'eurodéputé László Tokés, représentant la minorité hongroise de Transsylvanie a déclaré lors d'un entretien au journal roumain Ziua que le Kosovo est "un modèle" pour les Magyars de Transylvanie. Selon Tokés, il ne s'agit pas de proclamer l'indépendance du Székelyföld (zone de Transylvanie où les Hongrois sont les plus nombreux) mais bien d'obtenir une autonomie territoriale qui leur permettra de s'auto-administrer.
Tokés, qui a obtenu un siège au Parlement européen l'année dernière comme candidat indépendant, a affirmé que "le cas du Kosovo n'est pas singulier" et que, par conséquent, on peut chercher des solutions politiques similaires pour d'autres minorités. L'indépendance -ou l'union politique avec la Hongrie- resterait une éventualité écartée du fait que le Székelyföld est entouré par le territoire roumain.
Le modèle de la Voïvodine
Une autre possibilité citée par Tokés serait le modèle autonome de Voïvodine. Cette province serbe, comptant une importante minorité hongroise, s'autogouverne malgré le fait que les Serbes y sont majoritaires. En Transylvanie -région qui, dans l'ensemble, est à majorité roumaine- il pourrait être appliqué un modèle semblable, pour Tokés : autonomie pour toute la zone et, en Transylvanie, autogouvernement pour les Hongrois du Székelyföld.
Les Hongrois du Székelyföld bénéficiait d'un statut d'autonomie pendant la période communiste. Après la fin de la dictature, l'État roumain a refusé d'accorder son gouvernement autonome aux Magyars en argumentant que la moindre décentralisation devrait s'appliquer à l'ensemble des territoires roumains et non à la carte, il suivrait ainsi le modèle espagnol des autonomies.
(Source : MónDivers)
Les indépendantistes basques jugent sévèrement ETA
[11/03/2008]
"N'utilisez plus le nom du Pays basque pour justifier vos crimes" a demandé clairement le président du Pays basque, José Juan Ibarretxe, à l'organisation armée ETA.
Cette injonction faisait suite à l'attentat qui, vendredi 7 mars, a coûté la vie à l'ex-conseiller municipal du Parti Socialiste d'Euskadi (PSE) Isaías Carrasco. Les lectures qui en ont été faites les jours suivant agacent le leader basque qui pense que c'est "lui donner [à ETA] le rôle politique principal qu'il ne mérite pas".
Ibarretxe a réclamé d'ETA le dépôt des armes et d'arrêter "d'agresser le peuple basque".
Le Parti Nationaliste Basque (PNV) avait demandé aux citoyens basques d'aller voter "massivement" aux législatives de ce dimanche. Pour sa part, Eusko Alkartasuna (EA) a réitéré qu'ETA est "le premier ennemi" du peuple basque et lui a refusé "n'importe quelle sorte de légitimité". Aralar a dit que la "réponse la plus irréfutable" qui peut être donnée à ETA était d'aller voter dimanche.
Les nationalistes basques dans leur majorité ont ainsi montré leur rejet de la violence. En substance, les actions d'ETA gène le président basque dans l'organisation du référendum sur l'autodétermination prévu en octobre. Ainsi, il privilégie la voie de urnes et démocratique plutôt que la violence.
(Source : MónDivers)
La résistance bretonne mise à l'honneur
[10/03/2008]
Les Bretons ne l'ont pas loupé. Depuis la sortie de l'ouvrage de Jean-Jacques Monnier, "Résistance et conscience bretonne" (Ed. Yoran Embanner), les rayons des librairies en sont remplis. Preuve d'un succès bien mérité. Il faut avouer qu'il s'agit d'une bouffé d'oxygène. Il a fallu en effet huit ans de travaux à l'auteur pour honorer les militants bretons qui se sont battus contre l'occupation nazi. Car ces dernières années la parution de quelques ouvrages et d'articles stigmatisant les défenseurs de l'identité bretonne en les présentant comme des nostalgiques de la période d'occupation, voire de l'idéologie nazie, ont participé à salir la Bretagne et ses habitants dans leur ensemble. L'auteur, Jean-Jacques Monnier, docteur ès lettres, professeur d'histoire et chercheur, fournit ainsi une bien belle preuve de l'engagement des Bretons pour les valeurs fondamentales de la démocratie et de la liberté. Être Breton, s'engager pour la Bretagne, ses langues, sa culture et son identité, s'engager pour la reconnaissance historique des peuples d'Europe, doivent rimer avec ces mêmes valeurs.
(Eurominority)
Basques, Catalans et Galiciens, arbitres des législatives espagnoles
[07/03/2008]
Les élections législatives dans la péninsule ibérique sont monopolisées par le débat droite / gauche. Bien triste constat pour un pays comptant en son sein des régions dont la force politique n'est plus à démontrer. En effet, quand le Parti populaire (PP), droite conservatrice et le Parti socialiste (PS) débattent d'un des thèmes majeurs, c'est à dire le statut d'autonomie des régions, les partis de ces dernières sont absents du débat.
Rappelons pourtant qu'en 2004, le parti de M. Zapatero, ne disposant que d'une majorité relative avait dû s'allier aux nationalistes catalans pour être investi.
Mais ces derniers mois, sur fond de crise au Kosovo, l'attitude du gouvernement semble plus ambiguë. Sa vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega déclarait à cette occasion : "Nous ne sommes pas partisans de la déclaration unilatérale..." Il s'agissait d'un message fort vers les Basques et les Catalans qui souhaitent plus d'autonomie sinon l'indépendance pour les premiers.
Alors que feront les partis autonomistes et indépendantistes de Catalogne, du Pays basque et de Galice ? La gauche catalane, ERC, et son rival de droite, le CiU, les nationalistes modérés du Pays basque, le PNV ou le Bloc galicien BNG vont-ils comme en 2004 jouer les arbitres ?
L'Espagne "plurielle" prônée par les socialistes ou l'intransigeance de la droite vont-ils permettre ou ralentir l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination, promis par le président du gouvernement basque, Juan José Ibarretxe ?
Le résultat de l'élection de dimanche permettra certainement de voir plus clair sur ces questions.
(Eurominority)
Indépendance de la République serbe de Bosnie, qu'en est-il ?
[27/02/2008]
Alors que le Kosovo est aujourd'hui indépendant, malgré les tensions que cela suscite du côté de Belgrade, on peut se demander quel sera l'avenir de régions fragilisées par cette nouvelle donne dans l'ex-Yougoslavie ?
Suite aux manifestations qui ont suivi la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo, on peut s'interroger sur la légitimité ou non d'un peuple à souhaiter son indépendance ? En effet, la capitale de la République serbe de Bosnie, Banja Luka, a été secouée par de nombreuses manifestions pro-indépendantistes. Pourquoi les Kosovars et pas les Serbes disaient les manifestants en substance !
Le Premier ministre, M. Dorik, de cette région de Bosnie et son parti au pouvoir (SNSD, sociaux démocrates) considèrent ces manifestations comme "une réaction patriotique". Seul une atteinte grave à l'existence de la République serbe par l'État pourrait justifierait l'organisation d'un référendum. C'est ainsi que le SNSD s'est déjà prononcé dans ses propres statuts sur le question. La menace a déjà été adressée aux leaders bosniaques enclins à plus de centralisation.
Paradoxalement le pouvoir en place en République serbe de Bosnie pense que l'indépendance du Kosovo renforcera leur territoire au sein de la Bosnie.
Ce n'est pas l'avis de l'ensemble de la population qui est à la fois hostile à l'indépendance du Kosovo tout en réclamant l'indépendance de la République serbe...
Peut-on prôner le droit des peuples à l'autodétermination et dans le même temps refuser aux autres ce droit ? C'est à priori la question du moment.
(Eurominority)
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